« En Algérie, j’avais commencé à m’intéresser à la littérature et à la philosophie. Je rêvais d’écrire et déjà des modèles instruisaient le rêve, un certain langage le gouvernait. » -Jacques Derrida | Mohamed Lamine Boustila

 

Ces mots exacts de Derrida révèlent les origines discrètes d’un esprit qui allait plus tard transformer la philosophie contemporaine. En évoquant sa jeunesse en Algérie, il décrit un moment où la littérature et la philosophie sont devenues plus que de simples domaines d’étude. Elles sont devenues le fondement d’un rêve.

La déclaration est profondément révélatrice. « Je rêvais d’écrire » n’exprime pas seulement une ambition, mais une vocation. Pourtant, ce rêve n’était pas entièrement une création personnelle. « Déjà des modèles instruisaient le rêve, un certain langage le gouvernait. » Dans cette confession se trouve une intuition philosophique majeure. Avant d’écrire, le langage a déjà commencé à écrire en nous. Avant de penser librement, nous pensons à travers des formes et des traditions héritées.

Pour Derrida, la littérature et la philosophie étaient liées dès le départ. Son attirance pour les deux révèle une sensibilité précoce à la puissance des mots, non seulement pour exprimer des idées, mais pour façonner la réalité elle même. Grandir en Algérie, dans un contexte culturel et colonial complexe, a sans doute renforcé sa conscience du fait que le langage porte l’identité, l’autorité et l’histoire.

En rappelant ses débuts, Derrida offre une vérité universelle. Chaque écrivain commence dans une langue déjà en mouvement. Chaque rêve est façonné par des modèles que nous ne percevons pas toujours. Et parfois, en reconnaissant cette gouvernance du langage, un philosophe naît.

Mohamed Lamine Boustila

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